Le Conseil d’administration du Centre d’Action Laïque (CAL), réuni ce 23 janvier, a débattu de la récente décision de Wallonie-Bruxelles Enseignement (WBE) en matière de port des signes convictionnels dans ses établissements d’enseignement supérieur.

Le CAL prend acte de la décision prise par le réseau WBE de permettre dans ses écoles supérieures le port de signes convictionnels. Sauf à considérer qu’a prévalu une logique de compétition sur le marché de l’enseignement, cette décision n’était pas nécessaire ni induite par la jurisprudence de la Cour constitutionnelle. Le CAL regrette tant la méthode utilisée que la disparition d’un espace de neutralité.

Il déplore la justification publique – irrecevable – faite de cette décision, présentée comme « une démarche progressiste », ciblée sur un seul signe convictionnel (le voile) et, enfin, prise dans un prétendu souci d’émancipation et d’une neutralité plus inclusive. Pour le CAL, la neutralité demeure la condition de l’inclusivité. Le CAL refuse tout symbole lié à un phénomène de soumission à un dogme quel qu’il soit.

Il considère que les établissements d’enseignement supérieur qui ouvrent la porte au port de signes convictionnels sont responsables d’assurer que le prosélytisme sera combattu de même que toute tentative de faire pression sur celles et ceux qui refuseraient de porter leur signe d’appartenance communautaire ou convictionnelle. De fait, la Cour constitutionnelle a reconnu dans un arrêt du 4 juin dernier relatif au règlement d’ordre intérieur d’une école de la Ville de Bruxelles que cette pression sociale peut être une réalité.

Le CAL sera extrêmement attentif aux conditions de mise en œuvre de la décision et en particulier l’application des exceptions claires qui sont prévues, tenant compte de la teneur des enseignements (en particulier dans les sections concernant l’apprentissage des professions qui requièrent une exigence de neutralité). Le CAL demande aussi de s’assurer qu’aucune dérogation ne soit accordée par rapport à certains cours ni de possibilité de dérogation culturelle ou cultuelle par rapport aux contenus enseignés.

Le CAL redoute que la décision de WBE, difficilement compréhensible vu la souplesse existant dans le supérieur à l’heure actuelle, ne soit le prélude à un détricotage de la neutralité actuelle, et des acquis de la laïcité, dans l’enseignement obligatoire et l’administration publique.  Le CAL estime qu’il est plus que jamais nécessaire de clarifier la situation concernant l’enseignement obligatoire. Il réclame l’adoption d’une législation interdisant le port de signes convictionnels ou religieux dans tout l’enseignement obligatoire: l’école primaire et secondaire n’est ni un lieu de prosélytisme ni un lieu de prolongation des déterminismes sociaux ou familiaux. Cadre de vie et d’apprentissage, l’école doit être LE lieu de l’altérité qui ne peut donc pas être le lieu de séparation avec l’Autre.   

Dans l’attente de l’adoption de cette législation, pour l’enseignement fondamental et secondaire, le CAL demande au Conseil d’administration de WBE de confirmer immédiatement par décision formelle que le port de signes convictionnels ou religieux est interdit dans tous les établissements primaires et secondaires relevant de leur réseau.

Enfin, le Centre d’Action Laïque continue à plaider pour la mise sur pied d’un réseau d’enseignement unique, afin notamment de mettre un terme aux logiques de compétitions entre réseaux.

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