A propos

Composition du Conseil d’Administration de la FAML à l’issue de l’AG du 23 juin 2020

GOOVAERTS Jean

KEIMEUL Patricia

LUC Jacqueline

MIRONCZYK Christine

OYANEDER Casanova Sergio

PARISEL Michel

PLASCH Thierry

RIVEROS-GONZALES Eliana

VAN ASSCHE Aurore

VERMEIREN Dominique

VOGELS Anne-Marie

La FAML est membre de:

CAL
Centre d’action Laïque

La FAML en est l’un des associations contitutives.

CEDEP
Centre d’Etude et de Défense de l’Ecole Publique

CLAV
Centre Laïque de l’Audio-Visuel

CML
Conseil de la Morale Laïque

FAMD
Fondation pour l’Aide Morale aux Détenus

LHAC
Laïcité et Humanisme en Afrique Centrale

Service d’aide aux justiciables de l’arrondissement de Bruxelles II asbl
Aide aux détenus

SLP
Service Laïque d’aide aux Personnes

En instaurant dans l’enseignement officiel les cours d’option philosophique, le Pacte Scolaire du 8 mai 1963 avait également suscité la création d’une série de nouvelles associations dont le but était de défendre et de promouvoir le cours de morale non confessionnelle nouvellement créé et qu’elles préféraient d’ailleurs désigner sous le nom de « cours de morale laïque », marquant ainsi qu’elles le considéraient comme le cours de la communauté laïque, et lui conférant par là-même un engagement non présent dans l’esprit de ses créateurs.

Ce sont d’ailleurs six de ces associations qui décidèrent, le 21 février 1969, de fonder la Fédération des Amis de la Morale Laïque. Elles lui donnaient pour objet de « promouvoir, par tous les moyens appropriés, l’enseignement de la Morale Laïque ». Leur volonté était que la nouvelle Fédération soit le lieu de rassemblement des diverses associations qui, à l’échelon local, s’étaient fixé ce même but, qu’elle coordonne leur action, leur assure une représentation au niveau communautaire, qu’elle leur fournisse enfin l’aide et les services qu’elles pouvaient souhaiter.

Un groupe de militants – parmi lesquels ceux qui allaient devenir les premiers présidents : Jean Schouters, Walter Parisel, Eliane Van Ouytsel – constitue le premier conseil d’administration et va tout d’abord se préoccuper de mettre en place les structures nécessaires à la réalisation des objectifs, de jeter les bases d’une bonne collaboration avec les autres associations laïques existantes, tant dans la partie francophone que néerlandophone du pays, de rechercher pour les associations membres – dont le nombre s’est accru considérablement au cours des années – les moyens matériels qui leur sont indispensables.

Ne voulant pas pour autant limiter leur action au domaine qu’ils s’étaient choisi, ils iront plus loin encore puisque, l’année même de sa création, la FAML sera parmi les membres fondateurs du Centre d’Action Laïque auquel ils assigneront pour mission principale d’obtenir la reconnaissance de la communauté laïque.

Durant les premières années de son existence, toute l’action de la FAML se confond avec celle des membres de son conseil d’administration (il n’y a à l’époque ni permanents, ni locaux et les moyens sont très limités !) qui se dévoueront sans compter pour assurer son développement. L’Union des Anciens Etudiants de l’ULB accueille les réunions du conseil d’administration. Des contacts sont pris avec les pouvoirs publics pour obtenir la reconnaissance de la Fédération, ce qui lui permettra d’obtenir la subsidiation des activités de ses membres.

Ce sera rapidement chose faite et dès 1975, le Ministère de la Culture lui attribuera des subsides, d’une part à raison des activités de ses membres et répartis entre eux, d’autre part pour permettre la mise en place d’un secrétariat auquel, dans un premier temps, le CAL offre l’hospitalité dans le bureau qu’il occupe au Campus de la plaine de l’ULB.

Reconnue comme « association d’éducation permanente » par le ministère de la Communauté Française en application du décret du 8 avril 1976, elle va s’efforcer de développer l’aide et l’information qu’elle apporte – directement ou par l’intermédiaire de ses associations membres – aux enseignants, aux étudiants et à tous ceux qui ont le souci d’améliorer la qualité de l’enseignement officiel et, en particulier du cours de morale.

Si la direction de la FAML est assurée par un conseil d‘administration composé de bénévoles, elle ne pourrait déployer une activité aussi variée sans le concours des permanents (5 actuellement) qu’elle a pu engager grâce à sa reconnaissance comme association d’éducation permanente.

Elle gérait, avec la Ligue de l’Enseignement et Bruxelles Laïque, un Centre de Documentation avant d’en assurer aujourd’hui seule la direction et le fonctionnement, intervient dans les Fêtes de la Jeunesse Laïque et leur retransmission télévisée ; elle fournit à ses membres des « services » administratifs, juridiques ou financiers, assure la liaison entre eux et les services publics (notamment pour la recherche de subsides), les aide à mettre sur pied leurs activités, elle leur fournit le matériel et les moyens nécessaires à la propagande et à la promotion de leurs objectifs, met enfin à leur disposition un secteur « publications » qui n’a cessé de s’étoffer au cours des années.

Soucieuse d’assurer le contact nécessaire avec ses membres, la Fédération publie, dès 1970, un « bulletin de liaison », stencilé dans un premier temps, par lequel elle leur communique toutes les informations relatives à son action.

En 1971, à partir du numéro 10, ce bulletin, tout en poursuivant une carrière indépendante, donne naissance à une revue bimestrielle « Morale Laïque ».

Depuis sa création, la revue se développe, passe par différents formats pour aboutir enfin à celui – que nous connaissons aujourd’hui – d’une revue trimestrielle paraissant sous couverture en quadrichromie et comportant une vingtaine de pages d’informations, articles et dossiers dont la qualité est reconnue de tous.

Revue trimestrielle, Morale Laïque entend défendre et promouvoir les valeurs de la Laïcité. Chaque numéro analyse sans préjugé ni tabou, une problématique de société sous l’angle du libre examen afin de susciter réflexion et prise de position critique.

La volonté de faire de « Morale Laïque » une publication lisible par « l’honnête homme », qui soit le reflet des préoccupations et des conceptions laïques, utilisable aussi tant par les élèves du secondaire supérieur suivant le cours de morale que par les enseignants, se retrouve aussi dans la collection « Culture Laïque » qui, à partir de 1978, va publier de nombreux titres ainsi qu’une série de dossiers pédagogiques.

A côté de ce secteur « publications », se développe un autre, tout aussi important, qui concerne le matériel de promotion et qui rencontre un grand succès auprès des associations laïques. Celui-ci répond à une réelle demande et fournit aux associations à travers une panoplie de plus en plus large d’objets « laïques », une source non négligeable de revenus complémentaires.

Bien que se considérant toujours et avant tout comme étant au service de ses associations membres, et bien que la défense de l’enseignement officiel et du cours de morale constituent toujours son objectif prioritaire, la FAML souhaitait étendre son action à l’ensemble des valeurs dont se réclament les laïques.

Elle entretient des contacts étroits avec d’autres associations dont les objectifs paraissent rejoindre ceux qu’elle-même s’est fixés : Amnesty International, Ligue des Droits de l’Homme, Comité National d’Action pour la Paix et le Développement…

Cela ne s’est pas toujours passé sans mal !

Si des sujets comme la défense de l’enseignement officiel et du cours de morale, la dépénalisation de l’avortement font l’unanimité, ce n’était pas forcément le cas lorsqu’on évoquait les immigrés, la défense de la paix…

Les passions suscitées au début des années 80 par l’installation des missiles en Europe allaient trouver un écho au sein de la Fédération dont le conseil d’administration, sûr de l’attachement des laïques à la paix, avait décidé qu’elle serait présente aux « Marches pour la Paix ».

Il s’ensuivit de longues discussions sur ce que pouvait et ne pouvait pas entreprendre la FAML au nom de ses membres, et les engageant. Un texte approuvé par une assemblée générale extraordinaire du 16 mars 1985 (voir infra) lui reconnut finalement le droit, non seulement de « s’intéresser à tous les problèmes de société considérés en fonction de l’idéal laïque » mais aussi « d’exprimer publiquement sur ces questions des positions conformes au sentiment de la majorité des laïques.

Il ne s’agissait pas de transformer la FAML en un mouvement politique ouvertement, ou de manière plus occulte, ni d’en faire la courroie de transmission de quelque mouvement politique que ce soit.

La laïcité doit rester et se vouloir strictement indépendante de tout autre mouvement, de toute obédience, de tout pouvoir. Mais elle n’a aucune raison de se contenter d’options humanistes vagues et abstraites, de se contenter d’être un « groupe d’études » sans « préoccupation politique » tout en prônant constamment « l’action laïque ».

Aujourd’hui, la FAML s’efforce de consolider l’œuvre accomplie, de rechercher de nouvelles voies de développement et d’assurer, au sein du mouvement laïque, la place qui est la sienne : celle d’une association laïque qui, au travers de ses nombreuses sections locales, est la seule à posséder une véritable base populaire et à n’être pas une « laïcité de notables ».

Elle compte aujourd’hui une centaine d’associations affiliées, réparties dans toute la partie francophone du pays, devenues aujourd’hui des « sections locales ».

Les domaines dans lesquels la FAML exerce son action sont multiples, même si conformément à son objet social l’éducation à la citoyenneté et le libre-examen y occupent toujours une part privilégiée.

Que ce soit au travers des activités qu’elle suggère ou met sur pied, que ce soit par le biais de ses publications ou par ses prises de position, la FAML propose des approches et des solutions non dogmatiques aux grands problèmes de société.

Des activités telles que conférences, colloques, réunions thématiques, groupes de réflexion, expositions, visites culturelles, échanges internationaux, activités de diffusion culturelle apportent aux participants un éclairage laïque sur les réalités sociales leur permettant de développer des facultés d’analyse et ainsi de se situer, de manière responsable dans une société juste, démocratique et solidaire.

« L’humanisme laïque en tant que référence »

Note de synthèse du 2 juillet 1984

Devant examiner, entre autres, la question de la légitimité, pour l’instance dirigeante de la FAML, le CA, de prendre ponctuellement, au nom de ses membres, des positions publiques, il est apparu nécessaire, à la Commission, d’examiner au préalable la référence obligatoire de ces éventuelles prises de position, «l’humanisme laïque ».

Certes, il n’est pas nécessaire d’adhérer à la FAML ou au CAL pour se comporter en laïque et défendre dans la cité les principes et les valeurs laïques. Est laïque celui ou celle qui se comporte en laïque. Mais il est cohérent que ceux qui ont franchi le pas du militantisme et qui se sont donné comme vocation de défendre et de promouvoir notre idéal et notre programme consultent et re-consultent les textes fondamentaux où la laïcité, s’adressant au public, s’explique elle-même quant à ses fondements, ses principes, ses valeurs, son programme ; en d’autres termes, établit sa légitimité.

Dans cette optique, la Commission a consulté non seulement « à la découverte de la laïcité », publication fondamentale du CAL, mais aussi – et cela n’est pas sans importance – les programmes officiels de l’enseignement de la morale non confessionnelle, du primaire et du secondaire, de même qu’en particulier le chapitre d’ « A la découverte de la laïcité » qui présente au public le cours de morale.

Pour la FAML, historiquement née du souci de défendre et de promouvoir le cours de morale, la prise en considération de cette dernière référence nous a semblé aller de soi.

La FAML au-dessus de tout soupçon ?

A l’origine de la crise qui a affecté la FAML depuis décembre 1983 : l’affirmation par certains – affirmation rendue publique dans une certaine mesure, et ce par divers moyens – que le CA de la FAML et la revue Morale Laïque (en particulier ses éditoriaux) avaient pris des positions dont la légitimité et la laïcité étaient contestables, douteuses, de nature politique, partisane, et qu’elles avaient choqué de nombreux laïques. Ce faisant, elle sortait de son rôle qui est essentiellement de défendre et de promouvoir le cours de morale et l’idéal du libre examen. Cette opposition au CA et à Morale Laïque allait jusqu’à affirmer que les laïques désireux d’intervenir dans des débats de société tels que la xénophobie, le racisme, les problèmes sociaux… ne pourraient légitimement le faire qu’en dehors des structures laïques, seul moyen de sauvegarder tout à la fois le pluralisme du mouvement et son unité.

Cette vue est apparue à la Commission non seulement contradictoire en soi (on ne peut assigner à la Fédération le rôle de défendre l’idéal du libre examen et lui interdire en même temps d’en assumer les implications), mais aussi en contradiction avec la conception de l’action laïque définie dans « A la découverte de la laïcité » ainsi qu’avec l’esprit et les principes du cours de morale non confessionnelle, tant du primaire que du secondaire.

L’humanisme laïque qui se dégage de l’examen de ces textes, s’il implique la réflexion aussi ouverte que possible, par la méthode du libre examen, engage aussi les laïques en général et les jeunes laïques en particulier à l’action, et même à une action radicale contre toutes les aliénations, discriminations et injustices. En d’autres termes, le domaine politique appartient tant à la réflexion qu’à l’action laïques, et l’option du mouvement laïque pour une société « juste, progressiste et fraternelle » est clairement affirmée. Ce sont les comportements sectaires, dogmatiques, violents qui sont explicitement condamnés par le cours de morale.

L’esprit d’ouverture et le radicalisme – incontestablement progressiste – du programme officiel n’a pas manqué d’étonner plus d’un membre non-enseignant de la Commission.

Voilà qui fondait pour la Commission, et la légitimité et le caractère authentiquement laïque des prises de position du Conseil d’administration et de la revue « Morale Laïque ».

La nature et le rôle de la FAML

C’est à la lumière de cet humanisme laïque, lieu privilégié de la réflexion et du débat libre exaministes, s’interdisant tout recours à l’argument d’autorité, toute conclusion définitive, tout absolu, mais s’inscrivant aussi dans la cité avec courage, lucidité et cohérence, qu’ont été examinées les réponses fournies par les associations au questionnaire de la FAML (sur sa nature, son rôle et ses rapports avec les régionales du CAL).

« Certes, il n’y a aucun dogme laïque, mais un certain nombre de principes essentiels – tels le caractère sacré des droits fondamentaux de la personne – doivent échapper à la relativisation, sous peine de détruire le CHOIX laïque lui-même ».

La limitation que préconisent certaines associations de voir la Fédération réduite à un rôle de service aux membres, ainsi qu’à la défense et à la promotion du cours de morale, a conduit la Commission à conclure que ces associations en ignoraient le contenu réel. Elle constate que d’autres associations, par contre, n’hésitent pas à affirmer que les prises de position de la FAML, de Morale Laïque sont, en fonction même de l’humanisme laïque, moralement obligatoires.

La Commission constate que les prises de position politiques devraient toutefois, autant que faire se peut, être le fait du CA élargi, plus représentatif de la FAML dans ses profondeurs et sa diversité.

Le pluralisme dans l’engagement

La FAML est, aux yeux de beaucoup, devenue le mouvement laïque par excellence, celui qui existe concrètement sur le terrain, qui vise une audience large, qui fait vivre la laïcité au quotidien, qui entretient des rapports avec les autorités communales, avec les groupes de base.

Si elle n’existait pas, il faudrait l’inventer…

Regroupant plus d’une centaine d’associations francophones, elle a choisi le mode de fonctionnement de la fédération. Fédérer veut dire respecter dans sa diversité, mais aussi rassembler, coordonner.

Etre laïque, c’est se réjouir des « différences » (compatibles avec la dignité humaine – le fasciste et le totalitaire sont aussi différents), des sensibilités diverses, enrichissantes pour les uns et les autres, mais ce n’est pas s’en tenir là : la fraternité, la solidarité, l’action commune sont également des options laïques qui supposent que la réflexion et l’action laïques, le débat et l’engagement soient dialectiquement liés.

La recherche à tout prix de l’unité, de l’unanimité, n’est pas d’essence laïque, mais bien totalitaire.

Quant à l’orientation « progressiste » de la laïcité, il s’agit d’un choix « politique ». Il n’est imposé à personne, mais adhérer au mouvement laïque suppose l’accord préalable sur cette orientation, au même titre que le non-recours à un principe transcendant. Le champ progressiste est toutefois suffisamment large pour que « diverses sensibilités » s’y sentent parfaitement à l’aise dans un climat de tolérance, d’estime et de fraternité réciproques.

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